PÔLE RESSOURCES REGIONAL DES MALADIES NEURO-DEGENERATIVES
Occitanie Ouest

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Les traitements

Les médicaments

Il n’existe pas à ce jour de traitement capable d'arrêter la progression de la maladie ou de la guérir. En revanche, il existe de nombreux traitements permettant de compenser le manque de dopamine ou de reproduire son action dans le cerveau, ce qui permet d’atténuer ou de supprimer les symptômes : ce sont des traitements symptomatiques. Ces thérapeutiques permettent de contrôler les symptômes de la maladie et d'améliorer la qualité de vie des patients.

La mise en route d’un traitement doit être la plus précoce possible, et cela dès le diagnostic, car le traitement permet le renforcement des mécanismes de compensation du cerveau et réduit les modifications irréversibles qui entraineront une aggravation de la maladie. Le choix du traitement est important dès le diagnostic, il est fait selon l’âge, l’intensité de la gêne, l’état général de la personne.

Les traitements seront prescrits seuls ou en association, en une ou plusieurs prises selon des critères très précis. Et c’est d’une part grâce à l’examen clinique (voir la maladie, paragraphe diagnostic) mais aussi grâce aux informations données par le patient, la description précise de ses symptômes et de ses difficultés, que le neurologue pourra adapter au mieux le traitement. (Voir préparer ma consultation)

Pour compenser le déficit en dopamine cérébrale, il existe 3 moyens :

Apporter  un  précurseur  de  la  dopamine

La dopamine  ne  peut  pas  être  utilisée  comme traitement car elle ne pénètre pas dans le cerveau, contrairement  à  la  L-Dopa  qui  est ce qu’on appelle le  précurseur  de  la  dopamine, élément  biochimique  inactif qui passe la barrière qui protège le cerveau (barrière hématoencéphalique) et se  transforme en  dopamine  au  niveau des neurones, complétant ainsi le manque de dopamine dû à la maladie.  La L-Dopa permet de diminuer les principaux signes de la maladie: tremblement, lenteur, rigidité. Son mode d’action est rapide, avec une efficacité au bout d’une demi-heure et une durée d’action de 2 à 5 h selon le stade de la maladie. Les différentes spécialités de  L-Dopa : L-Dopa-Carbidopa°,  Sinemet°, L-Dopa-Benséraside°, Modopar°

Stimuler directement les récepteurs dopaminergiques dans la synapse

Comme le fait la dopamine : les agonistes dopaminergiques. Ce sont des substances qui se fixent sur les récepteurs des neurones et qui produisent les mêmes effets que la molécule qu’il remplace au niveau du récepteur. La conséquence est une augmentation de l'activation dus neurones entraînant l’amélioration de la qualité du mouvement volontaire et des mouvements automatiques. Ils sont prescrits de préférence en  première  intention,  surtout chez  le  patient  de moins de 70 ans car les effets indésirables sont plus fréquents chez les personnes âgées. 

Les plus utilisés sont : Piribedil  (Trivastal°),  Ropinirole (Ropinirole°, Requip°, Pramipexole Pramipexole°, Sifrol°),    Rotigotine  patch  (Neupro°), Apomorphine (Apokinon°).

Empêcher la dégradation de la L-Dopa et de la dopamine

Il existe en effet des enzymes, la Mono  Amine  Oxydase  (MAO)  et  la  Catéchol-O-Méthyl  transférase  (COMT),  dont  le  rôle  est de  détruire  la  dopamine non utilisée.  Certaines  molécules inhibent  l’action  de  ces  enzymes  et  permettent donc  d’augmenter  indirectement  la  quantité  de dopamine circulante. Cette famille de molécules s’appelle les IMAO–B ou les ICOMT en fonction de l’enzyme inhibée.

Les inhibiteurs de la MAO-B améliorent  les  symptômes  parkinsoniens  en  limitant  la  dégradation  de  dopamine  au  niveau  de  la synapse. Dans le cas de maladie plus avancée, ils limitent les périodes de blocage. Les IMAO-B sont : Sélégiline (Sélégiline°, Deprenyl°) et  Rasagiline (Rasagiline°, Azilect°).

A noter qu’il existe un risque d’interaction médicamenteuse avec  les IMAO-B, il est donc fortement conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de prendre un nouveau médicament (rhume, antidépresseur).  

Les inhibiteurs de la COMT sont utilisés au stade des complications motrices pour prolonger la durée d’action de la L-Dopa, en  limitant sa dégradation dans l’organisme. Ceci permet de réduire les périodes de blocages.

Il en existe deux : l’Entacapone (Comtan°) et la Tolcapone (Tasmar°) qui nécessitent d’être associés à de la L-Dopa pour agir. Le Stalevo° est l’association de l’Entacapone à de la L-Dopa dans un seul comprimé (nombreux dosages disponibles). L’Entacapone est responsable d’une coloration orangée des urines et parfois de la salive sans gravité.

A noter que la Tolcapone est peu utilisée, car elle impose une surveillance régulière de la fonction hépatique, du fait d’un risque rare d’hépatite médicamenteuse.

D’autres médicaments

L’Amantadine  est un traitement antiparkinsonien dont le mécanisme d’action est encore mal connu et multiple. Il a un effet léger sur l'akinésie et l'hypertonie,  mais surtout, il permet de réduire la durée et la sévérité des dyskinésies induites par la L-Dopa. L’Amantadine est prescrite dès lors que les dyskinésies apparaissent ou deviennent gênantes. C’est l’Amantadine : Mantadix°

Les  Anticholinergiques  (Trihexyphénidyle : Artane°, Parkinane° et Tropatépine : Lepticur°) ont un effet essentiellement sur le tremblement. Ils sont utilisés chez des personnes présentant un tremblement assez gênant. Leurs effets  indésirables potentiels (troubles de la mémoire, confusion, risque  de glaucome, risque de rétention urinaire) en  limitent en général l’usage aux personnes  de  moins de 60 ans (sauf avis du médecin).

 

ATTENTION : Les médicaments antiparkinsoniens peuvent entraîner divers effets indésirables tels que nausées, vomissements, bouche sèche, constipation, somnolence et troubles du sommeil, baisse de tension, hallucinations, confusion et troubles du comportement. La prescription se fait au départ avec de très faibles dosages et une progression lente, favorisant la bonne tolérance du médicament par le patient,  ce qui diminue le risque de survenue d’un effet indésirable.  La surveillance est faite régulièrement par le médecin traitant et le neurologue.

Le traitement chirurgical

La neurostimulation, appelée Stimulation Cérébrale Profonde (SCP), est un traitement chirurgical qui permet de stimuler une zone précise du cerveau afin de moduler son activité devenue anormale.

Dans le cadre de la maladie de Parkinson, on stimule le plus souvent les noyaux sous-thalamiques et parfois les globus pallidum internes. Ces structures se situent dans les noyaux gris centraux.

Ce traitement permet d’améliorer les fluctuations motrices et les dyskinésies (mouvements anormaux involontaires). Il ne peut donc être proposé qu’à un certain stade d’évolution de la maladie. Il ne stoppe ni ne ralentit l'évolution de la maladie mais il permet d’améliorer la qualité de vie en reproduisant l’effet du médicament de façon stable dans le temps, ce qui permettra la diminution de la quantité de médicaments. En revanche, il n’agit pas sur les symptômes de la maladie qui ne sont pas améliorés par les médicaments (parole, freezing, équilibre…).

La SCP entraine une diminution d’environ 60% des symptômes moteurs et des complications motrices et permet une réduction des traitements médicamenteux de 50%, parfois plus.

La SCP comporte des risques qui, même s’ils sont rares, peuvent avoir des conséquences lourdes (hématome cérébral, infection, trouble du comportement…).

Le parcours de soin de la chirurgie débute par la réalisation d’un bilan d’opérabilité permettant de faire la balance bénéfice attendu / risques pour la personne : diverses évaluations sont réalisées en hospitalisation (bilan neuropsychologique avec test de concentration-attention-mémoire, entretien avec un médecin psychiatre, imagerie IRM, test médicamenteux…).

L'indication chirurgicale est discutée entre les membres de l’équipe pluridisciplinaire, en se basant sur les évaluations faites. La décision d'intervention est prise conjointement avec le patient et l’équipe multidisciplinaire. Actuellement, ce traitement ne peut être proposé au-delà de 70 ans.  

Cette chirurgie nécessite la collaboration d’une équipe pluridisciplinaire : le chirurgien, le neuroradiologue, le neurologue, le psychiatre, l’électro physiologiste…..

Le matériel de stimulation comprend 2 électrodes de stimulation, 2 extensions (câbles passant sous la peau) et un ou 2 stimulateurs implantés soit en abdominal soit en pectoral et commandés au travers de la peau par un appareil de programmation externe.

L’intervention consiste à mettre en place de chaque côté du cerveau une électrode dans une cible donnée. La localisation précise de la cible à atteindre et les trajectoires à prendre pour l’atteindre sont calculées à l’aide d’examens (IRM, Scanner) effectués pendant la préparation à l’intervention et par le port d’un « casque » appelé cadre de stéréotaxie placé au bloc opératoire.

Le temps de mise en place des électrodes est réalisé en chirurgie éveillée. Le reste du matériel (extensions et stimulateurs) est posé sous anesthésie générale, sous la peau donc non visible.

schémas

L’hospitalisation pour la SCP dure 3 semaines.

Il s’en suit un suivi rapproché en consultation afin d’équilibrer les paramètres de la stimulation cérébrale profonde (impulsions électriques produites par le stimulateur, transmises par les extensions jusqu’aux électrodes) et le traitement médicamenteux restant.

Les traitements antiparkinsoniens administrés de façon continue pour réduire les complications motrices

LA PERFUSION SOUS-CUTANEE CONTINUE D’APOMORPHINE

La perfusion sous cutanée continue d’apomorphine s’adresse au patient présentant des complications du traitement par L-Dopa (fluctuations motrices ou non motrices et/ou dyskinésies- voir symptômes moteurs)  fluctuations motrices importantes qui n’ont pas pu être améliorées par l’adaptation du traitement par voie orale. Elle permet de réduire les dyskinésies de 30 à 64%, d’augmenter le temps de déblocage (ON) de 40 à  80%  et  permet de réduire de 48 à 55% la dose moyenne de L- Dopa et autres traitements dopaminergiques.  Ses effets sont progressifs,  ils  débutent après quelques semaines de traitement et se stabilisent au bout de 12 semaines.  

Les effets indésirables restent modérés et sont essentiellement représentés par des réactions cutanées (nodules ou allergie), des hypotensions orthostatiques ou parfois des épisodes confuso-hallucinatoires.

Elle constitue un traitement particulièrement utile pour les patients très fluctuants dans l’attente d’une stimulation cérébrale profonde ou pour ceux qui ne peuvent bénéficier de cette intervention. Elle consiste à injecter de façon continue un agoniste dopaminergique dont l’action est très rapide et de courte durée. L’injection est faite en sous-cutané, la journée et parfois également la nuit à l’aide d’une petite pompe que le patient porte sur lui.

Le matériel est, la plupart du temps, installé en hospitalisation, ce qui permet de définir la dose de produit efficace puis, la prise en charge est organisée à domicile par un prestataire de service et une infirmière libérale.

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/cepp-1258.pdf

Pompe

L’ADMINISTRATION CONTINUE DE LEVODOPA PAR PERFUSION DUODENALE OU DUODOPA

L’objectif de la perfusion continue de levodopa par voie duodénale est de réduire les complications du traitement par L-Dopa (fluctuations motrices ou non motrices et ou dyskinésies).  Elle s’adresse aux personnes qui présentent des fluctuations sévères lorsque les associations disponibles d’antiparkinsoniens et autres traitements n’ont pas donné de résultats satisfaisants. Ce traitement permet de diminuer les blocages et leur sévérité d’environ 50% ainsi que les dyskinésies (d’environ 50% également). Il a démontré qu’il améliorait significativement la qualité de vie des patients qui en bénéficiaient comparativement à ceux qui avaient un traitement classique.

La DUODOPA se présente sous la forme d’un gel administré directement dans le jéjunum,  à l'aide d'une pompe portable pour administration intestinale continue. Après un premier test d’efficacité fait grâce à une sonde nasogastrique temporaire (phase facultative), le dispositif pour une administration à long terme est installé lors d'une gastrostomie endoscopique. Ce dernier  comprend une sonde transabdominale externe et une sonde intestinale interne reliées à une pompe portable qui diffuse le gel de DUODOPA. Ce système permet d’arrêter totalement la prise des autres traitements antiparkinsoniens.

L’installation de ce traitement spécifique demande 1 à 2 semaines d’hospitalisation en service de neurologie, entre la pose de sonde, la définition du débit efficace, la vérification de la tolérance et une première  évaluation du bénéfice. Ensuite,  la prise en charge est organisée à domicile par un prestataire de service et une infirmière libérale.

 Le traitement avec DUODOPA à l'aide d'une sonde à demeure peut être arrêté à tout moment en retirant la sonde et en laissant cicatriser la plaie. Le traitement doit ensuite être poursuivi avec des médicaments par voie orale.

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/duodopa.pdf

Les stratégies thérapeutiques non médicamenteuses

L’activité physique

Elle est de plus en plus considérée comme un véritable traitement, complémentaire des médicaments de la maladie de Parkinson. En effet, elle agit sur plusieurs plans. D’une part, des activités très régulières de gymnastique, musculation, stretching, étirements, permettent le maintien de la force musculaire,  de la souplesse des articulations et luttent contre les symptômes en réduisant l’akinésie et la rigidité musculaire.

D’autre part, l’activité physique d’endurance favorise la sécrétion de dopamine dans les 20 mn et réduit les symptômes moteurs invalidants. De plus, elle aurait également un rôle neuroprotecteur, ralentissant l’évolution de la maladie, car, pratiquée très régulièrement, elle permettrait la sécrétion de facteurs de croissance dans le cerveau entrainant protection voire réparation partielle des neurones atteints et création de nouveaux circuits neuronaux.

L’activité physique est indispensable dans la  préservation des facultés cognitives (attention, concentration, mémoire), la diminution de l’anxiété et des troubles du sommeil, souvent retrouvés dans la maladie de Parkinson.

Il est donc très important de la mettre en place de façon assidue. Ce doit être une activité physique  soutenue  (transpirer, être un peu essoufflé et avoir la fréquence cardiaque augmentée) qui s’ajoutera aux tâches quotidiennes souvent considérées comme une activité physique mais insuffisantes pour avoir un réel impact bénéfique sur la maladie. Elle comprend un échauffement, puis l’activité sportive suivie d’une diminution progressive de l’intensité avant de clore la séance par des étirements, indispensables eux aussi. On préconise au moins 3 séances d’activité physique de 45 minutes à 1h par semaine, mais force est de constater qu’une activité d’endurance quotidienne est particulièrement efficace.

La kinésithérapie

Les séances de kinésithérapie font partie intégrante du traitement de la maladie de Parkinson et sont essentielles pour

  • préserver la mobilité et faciliter les déplacements, par l’entretien de la souplesse et de la force musculaire
  • maintenir une bonne autonomie,
  • prévenir les chutes et retarder les complications,
  • lutter contre les signes axiaux
  • et donc pour maintenir une qualité de vie optimale.

Les conseils s’adressent à la fois au patient et à l’aidant.

Une première évaluation permet de définir les actes de kinésithérapie à réaliser, la fréquence des séances. La prise en charge n’est pas systématique au début de la maladie et doit être discutée avec le médecin. Avec l’évolution de la maladie, elle devient nécessaire et plus régulière, puis de plus en plus continue, d’abord au cabinet du kinésithérapeute, puis si besoin au domicile du patient.

Une séance-type comprendra des exercices d’étirements, d’assouplissements et de musculation d’intensité moyenne  à soutenue, des exercices d’équilibre et des exercices de coordination, de relevés du sol et de marche.

Par ailleurs, il peut si besoin, former les proches aux bonnes manœuvres de manutention lors des transferts, des retournements et des relevés du sol, afin d’éviter de créer des douleurs chez la personne malade comme chez l’aidant.

Un séjour en centre de rééducation et réadaptation fonctionnelle peut être bénéfique, une fois/an.

Ce séjour peut constituer le moyen de rencontrer différents professionnels, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues.

Il est souhaitable que le kinésithérapeute aide le patient à organiser son activité physique et le soutienne dans la régularité, qu’il gère l’intensité et évalue les progrès. Il surveillera la bonne pratique des activités choisies en fonction des différentes contraintes physiques de la personne.

L’orthophonie

La rééducation orthophonique est indiquée pour les personnes atteintes par la maladie de Parkinson afin de corriger leurs troubles ou de les prévenir. Elle  peut prendre en charge plusieurs troubles tels que la voix et la parole, l’écriture, la déglutition, mais aussi la diminution des expressions du visage aussi appelée amimie et les troubles cognitifs (organisation, attention,…). Elle nécessite une prescription médicale par le  médecin traitant ou le neurologue. Un bilan orthophonique est fait pour évaluer les difficultés liées aux symptômes du patient et débouche sur une rééducation spécifique et adaptée. L’orthophonie est fatigante, demande régularité, efforts, nécessite de poursuivre le travail à la maison.

La rééducation des troubles de la parole est basée sur le renforcement du contrôle volontaire de la parole pour compenser les automatismes altérés par la maladie. Elle permet de corriger les difficultés d’articulation, d’intonation, de rythme. Avec l’orthophoniste, on travaille le  contrôle de la respiration, de la posture, pratique d’exercices volontaires des muscles de la face, des lèvres, de la langue, vocalises, lecture à voix haute, conversation, cris.

Encadré : La LSVT  (Lee Silverman Voice Treatment) est une technique de rééducation orthophonique intensive basée sur un programme dense de 4 séances de 1h par semaine pendant 4 à 5 semaines.  Cette technique utilise la respiration et le parlé fort et permet une véritable amélioration au bout d'environ un mois de rééducation, à condition de suivre le programme et que le spécialiste en orthophonie qui pratique cette méthode soit bien formé.

Pour l’écriture, le principe général est semblable, il consiste à renforcer l'acte volontaire pour suppléer les automatismes. Le premier temps de la rééducation s'efforce de redonner aux membres supérieurs l'amplitude des mouvements de l'épaule, du coude, du poignet de la main. Puis, il rééduque le graphisme.

Dans le cas des troubles de la déglutition,  après avoir réalisé un bilan, l’orthophoniste fournit des consignes d’adaptation de prise des repas et propose selon le cas une rééducation et/ou un suivi. Il tient compte des troubles associés comme une mauvaise dentition ou des troubles de la posture.

Le psychologue / le neuropsychologue

Rôle du psychologue clinicien

Le rôle du psychologue consiste, avant tout, à aider la personne à s’adapter et à vivre avec la maladie de Parkinson et non lutter contre elle. Son objectif est d’amener la personne à mieux percevoir les modifications engendrées par la maladie dans la vie quotidienne, non pas en terme de déficit mais en terme de compétence préservées. Les capacités de la personne sont alors mises en valeur. Il sera parfois nécessaire d’adapter les activités au quotidien, par exemple : Mme P.  pourra toujours pratiquer la poterie mais en y mettant plus de temps, dans l’objectif de poursuivre ses loisirs et ses projets.
Il arrive parfois que, suite au diagnostic, un trouble anxieux voire même une dépression apparaisse. Dans ce cas, le thérapeute va pouvoir aider le patient à surmonter ses angoisses grâce à des techniques de gestion du stress et des émotions issues des thérapies cognitivo-comportementales. Ces techniques reposent sur le fait que nos émotions sont le résultat de nos représentations et de nos pensées. En effet, ce n’est pas le monde extérieur qui est la cause de notre moral mais seulement la représentation que l’on en a et les pensées qui nous traversent l’esprit. Par exemple, marcher dans la rue n’est pas en soi quelque chose de terrifiant, mais c’est notre manière de penser et notre tendance à imaginer les pires conséquences (je vais me bloquer, je vais tomber, les gens vont me juger, je vais me ridiculiser, etc.…) qui sont à l’origine de l’anxiété.
Cette approche cognitivo-comportementale va permettre de mieux gérer les manifestations psychologiques et physiologiques du stress en travaillant sur trois aspects essentiels : les pensées (ce que j’imagine -> « les gens vont me juger »), les émotions (ce que je ressens -> je stresse ce qui majore les symptômes de ma maladie) et les comportements (la façon dont je réagis -> je ne sors plus de chez moi). Cette technique permet de prendre de la distance face aux événements, de diminuer progressivement le niveau de stress en modifiant les pensées et les croyances négatives sur soi et son environnement.
Les psychothérapies de soutien sont également indiquées dans la prise en charge de la maladie de Parkinson notamment en cas de symptomatologie dépressive,  lorsque la personne reste figée dans la nostalgie de sa vie d’avant. Elle ne parvient pas à s’adapter et à profiter de sa vie dans le présent.

Au Centre Expert Parkinson du CHU de Toulouse, nous proposons :

  • des consultations de soutien suite à l’annonce diagnostique afin d’offrir un premier espace de parole, dans un délai d’environ un mois suivant l’annonce de la maladie, de répondre à d’éventuelles interrogations et de réajuster certaines fausses croyances concernant la maladie car elles peuvent fortement inquiéter la personne et son entourage.
  • des groupes de parole qui offrent un lieu et un temps d’échange, de partage et d’écoute réciproque. Ces groupes permettent l’expression du vécu, des sentiments ou émotions sans crainte d’être jugé, dans une ambiance bienveillante. Ils permettent également de sortir de l’isolement par la rencontre de personnes vivant des expériences similaires et de partager leur ressenti, ce qui  favorise la mobilisation des ressources nécessaires pour faire face à la maladie.
  • il est également possible de bénéficier de 2-3 séances de soutien psychologique avant de pouvoir initier une prise en charge avec un psychothérapeute près du domicile de la personne.
Rôle du neuropsychologue

Au cours de la maladie de Parkinson, il est possible de présenter une diminution des capacités de concentration, des difficultés pour se rappeler de certaines informations, une plus grande lenteur de raisonnement ou encore des difficultés à suivre une conversation lorsqu’il y a plusieurs interlocuteurs. Le neurologue peut alors vous proposer de réaliser un bilan neuropsychologique.
Le neuropsychologue est un psychologue spécialisé en neuropsychologie dont le métier consiste à évaluer le fonctionnement cognitif (intellectuel) d’une personne en identifiant les capacités préservées et celles qui sont diminuées.
Dans un premier temps, le neuropsychologue va s’appuyer sur  le fonctionnement de la personne dans sa globalité et sa complexité afin de déterminer les difficultés, leur fréquence et leur impact au quotidien. Cette première étape lui permet de proposer une évaluation neuropsychologique adaptée pour identifier et mesurer les difficultés cognitives rapportées. Chaque évaluation neuropsychologique est spécifique à la problématique de chaque personne en fonction de ce qu’elle relate, de son projet thérapeutique et des objectifs de l’évaluation. L’évaluation neuropsychologique permet aussi  de comprendre la cause des difficultés (la maladie, des facteurs externes, une dépression,  un manque de confiance en soi, etc.).
Des résultats du bilan, découlera une prise en charge adaptée, discutée avec la personne, pouvant aller de la simple réévaluation à distance à un suivi pluri-hebdomadaire dit de «remédiation cognitive».
La remédiation cognitive est une rééducation des fonctions cognitives, dont le but est d’améliorer les capacités ou d’apprendre à les compenser au quotidien.  Cette rééducation est proposée aux personnes présentant des troubles de l’attention, de l’organisation, de mémorisation.

Ergothérapie

L’ergothérapeute a un rôle de conseil dans l’organisation du domicile lorsqu’il n’est pas adapté et que les déplacements sont rendus difficiles (réduction de la mobilité, risques de chutes). Il travaille dans le but de conserver l’autonomie en tenant compte de l’environnement de la personne : il propose des aides techniques, des occupations qui font appel à la motricité, la dextérité, l’attention, la mémoire ; l’ensemble est personnalisé en fonction des habitudes de vie du patient.

L’ergothérapeute observe le patient dans ses gestes quotidiens et son environnement,  puis prescrit les aménagements utiles : Mains courantes dans un couloir, barres dans les toilettes, siège des toilettes surélevé, baignoire avec porte, douche avec siège, fauteuil de repos réglable, potence à la tête du lit, matériel pour l’alimentation, l’écriture, plusieurs téléphones sans fil, téléalarme.

Il améliore l’aménagement de l’espace : peu de meubles et meubles stables, pas de tapis, pas de parquets cirés ou de sols glissants, amélioration de l’éclairage. Les actes d’ergothérapie ne sont pas remboursés par la SS.

La cure

L’intérêt des cures thermales n’est plus à démontrer. Les bénéfices sur la maladie de Parkinson sont nombreux, liés aux soins d’hydrothérapie et aux bienfaits de l’eau thermale mais aussi à la prise en charge spécifique proposée par chaque site, par exemple : diminution de la rigidité, des douleurs, amélioration de la mobilité, partages d’expériences, bienêtre moral, diminution de l’anxiété. Il existe 3 stations thermales proposant des programmes spécifiques dédiés à la maladie de Parkinson. Ce sont des séjours de 3 semaines pendant lesquels le patient bénéficie de soins d’eau thermale, de séances de rééducation et de modules complémentaires associant conseils divers, conférence sur la maladie et activités spécifiques variables selon la station thermale (gym ou aquagym, sophrologie, qi gong, diététique, conférences médicales, groupes de paroles pour aidants etc.).  La cure, conventionnée Neurologie et prescrite par le médecin traitant, fait l’objet d’une prise en charge par la caisse d’assurance maladie. Les modules complémentaires ne sont pas remboursés. Liens sites internet

http://www.thermes-neris.com/neris-les-bains/accueil/les-cures-medicales/les-modules-complementaires/parkinson/
http://www.thermes-ussat.com/
http://www.chainethermale.fr/lamalou-les-bains-cure-specifique-parkinson.html